Anxiété et Dépression
Commençons d’abord par définir les deux termes, afin qu’on ait une base commune pour la suite.
Anxiété : Inquiétude pénible, tension nerveuse, causée par l’incertitude, l’attente ; angoisse. (Dictionnaire Larousse, 2026)
Dépression : État pathologique marqué par une tristesse avec douleur morale, une perte de l’estime de soi, un ralentissement psychomoteur (Dictionnaire Larousse, 2026)
Bon, au niveau de l’anxiété, la définition ci-dessus est claire et directe, tandis que pour la dépression elle me semble très technique. En soi, l’état dépressif est souvent marqué par une perte significative de motivation, d’une tristesse profonde, de divers défis cognitifs (perte de concentration, de mémoire, etc.) avec également une négligence des besoins de base et d’hygiène.
Parlons anxiété
Savez-vous que l’anxiété, à la base, est nécessaire à notre survie, autant sur le plan individuel que sur le plan de l’espèce humaine? Vous savez sûrement entendu parler des réactions suivantes face à un déclencheur d’anxiété : combattre, figer, fuir et avec le temps les chercheurs ont rajouté apaiser.
Imaginez-vous, pour un moment, en randonnée en forêt lorsque vous tombez face à face avec un ours noir :
- Combattre : Puisqu’on peut faire reculer un ours en se montrant plus grand que lui, je prends mon manteau et je le lève au-dessus de ma tête en me montrant plus grand et imposant.
- Figer : Sans réfléchir, je fige sur place, incapable de bouger. Pris par un sentiment de peur intense, je ne réfléchis à rien d’autre sur le moment.
- Fuir : Je prends la fuite pour mettre de la distance entre le danger et moi-même.
- Apaiser : Avec une voix basse et douce, je dis à l’ours : « Je ne suis pas une menace, je ne te veux pas de mal ».
Il y a une composante de l’anxiété qui est très subjective, soit la perception du danger : une personne peut figer devant la présence d’une araignée dans sa demeure tandis qu’une autre peut la prendre dans ses mains pour la relocaliser, par exemple.
Pour mieux vous l’illustrer, pensez par exemple au fait que vous respirez sans avoir à y penser, ou que vous clignez des yeux automatiquement. Maintenant, lorsqu’on est face à un danger perçu, on tombe dans des mécanismes d’automatismes semblables à ceux-ci pour survivre audit danger, en ayant des réactions telles que décrit plus haut dans le texte.
Lorsqu’on vit un événement qui nous active de cette manière, notre cerveau a tendance à enregistrer certains aspects de l’événement dans l’espoir de prévenir une situation semblable dans le futur. Pour l’exemple de l’araignée, si c’était dans le sous-sol que ça s’est produit, il se peut que je sois plus vigilant à chaque fois que j’y rentre pour m’assurer qu’il n’y en a pas, et ce pour une durée qui peut varier d’une personne à une autre.
On parle de problèmes au niveau de l’anxiété lorsqu’une stratégie d’adaptation (éviter le déclencheur, consommer pour remédier à la réaction de peur, etc.) devient dysfonctionnelle (je développe un problème de consommation, l’évitement fait en sorte que je m’isole ou que je ne m’épanouisse pas).
Parlons dépression
Une personne peut développer un problème au niveau de la dépression (les diagnostics peuvent être variés) lorsque, par exemple, elle tente de remédier à des réactions anxieuses et n’y arrive pas. Elle développe une impuissance face à son problème et abandonne ses efforts.
Une autre personne peut vivre un deuil personnel, tel la perte d’un parent, et parvient difficilement à l’accepter. La personne vit dans la tristesse, a de la difficulté à fonctionner quotidiennement et cela commence à affecter les diverses sphères de sa vie (travail, études, activités sociales, etc.). Cette problématique inclut divers symptômes tels que les changements au niveau de l’appétit par exemple, ou bien la fatigue intense qui perdure dans le temps.
Toutefois, il faut faire attention aux diagnostics hâtifs, surtout les auto-diagnostics, qui semblent être de plus en plus prévalents avec l’accès à l’information que l’arrivée de l’internet nous a permis. Une personne qui vit un deuil peut vivre un épisode dépressif, sans que cela ne soit problématique. Cette personne peut avoir de la difficulté à s’adapter suite à la perte de son parent, mais arrive à retrouver un nouveau normal, un nouvel équilibre de vie avec ou sans aide professionnelle.
Une personne qui se retrouve dans un état dépressif va souvent vivre du désespoir, et ça peut parfois même amener à avoir des pensées suicidaires. Ceci peut être également dû au fait qu’elle n’est plus capable de ressentir du plaisir, s’isole, perd son emploi, son logement, etc. Elle peut aussi développer des problèmes de consommation pour s’apaiser, ce qu’on va communément appeler de l’auto-médicamentation. Les stratégies d’adaptation deviennent de moins en moins saines pour la personne, parce qu’elle a l’impression d’avoir épuisé les solutions qui le sont. Il est essentiel de consulter un professionnel de la santé lorsqu’on se retrouve dans cet état.
Pourquoi consulter un professionnel de la santé?
D’abord et avant tout, la consultation permet le partage de votre expérience avec quelqu’un qui ne vous jugera pas mais bien au contraire, va pouvoir vous offrir l’écoute dont vous avez tant besoin. Si vous consultez un médecin ou certains infirmiers praticiens habiletés en santé mentale, il peut vous suggérer des médicaments et vous expliquer leurs bienfaits et leurs effets secondaires mais le choix vous revient ultimement. De plus, il risque de vous référer vers un professionnel tel l’équipe de travail social du GMF s’il y en a une, ou vers des ressources gratuites ou payantes pour avoir du soutien psychologique.
Vous pouvez consulter l’article suivant dans notre blogue pour une explication des différents professionnels pouvant vous aider à surmonter ces défis ici
