Surmonter un événement traumatique
Qu’est-ce qu’un événement potentiellement traumatique?
D’abord, nous parlons d’un potentiel parce que par définition, le trauma est subjectif (par exemple, deux personnes vivant le même événement ne développeront pas forcément les mêmes conséquences).
La définition que nous donne la CNESST : un événement potentiellement traumatique (ÉPT) est un événement présentant une menace à la vie ou à l’intégrité physique ou psychologique de la personne, comme une menace de mort, une blessure grave ou une violence sexuelle. (CNESST, 2026)
Qu’est-ce qui peut m’arriver si je vit un événement traumatique?
Tel que discuté plus haut, certaines personnes pourraient ne pas développer un problème face à l’exposition à un tel événement. Toutefois, d’autres pourront développer des conséquences qui affectent leur vie de manière significatives :
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- Des flashbacks, soit des moments de reviviscence d’une partie ou de l’entièreté de l’événement. C’est comme si, à certains moments, l’événement rejoue dans ma tête de manière spontanée, souvent face à un élément déclencheur. L’élément en soi n’est pas nécessairement flagrant et peut parfois être très subtil.
- Des cauchemars la nuit, lorsque je dort.
- Difficulté à s’endormir ou rarement, dormir de longues heures en se réveillant tout aussi épuisé.
- Peur de sortir de chez soi, isolement
- La façon dont tu percevais le monde peut changer drastiquement, pouvant mener à la méfiance d’autrui et à des pensées négatives envers le monde qui t’entoure. Penser à une personne aigrie, qui ne voit que du noir lorsqu’elle observe ce qui l’entoure.
- Et plusieurs autres. Je vous mets un lien vers un pamphlet des CAVAC du Québec, qui énumère une liste non-exhaustive des conséquences que l’on peut vivre face à un événement criminel : Pamphlet sur les conséquences
En gros, ta vie change en un instant, et souvent, on se fait dire par les personnes qui nous consultent qu’elles ne se reconnaissent plus depuis les événements, et qu’elles perdent le contrôle sur leur quotidien.
Cette perte de contrôle est justement le fruit des conséquences qui se développent et qui nous forcent à nous adapter du mieux que l’on peut, sans réellement avoir l’impression que nous reprenons le dessus. Nous subissons la vie à ce moment-là, plutôt que de la vivre.
Notre entourage peut se sentir impuissant face à nous, peu importe la qualité de notre réseau de support avec les événements. Les changements arrivent si vite, et on s’adapte du mieux qu’on peut et les proches tentent tant bien que mal de nous conseiller, mais souvent, sans succès. Faire face à un événement traumatique requiert souvent l’assistance d’un professionnel parce que nous sommes habilités à recevoir ce que vous avez à dire, sans jugement et avec des astuces pour vous aider à reprendre le contrôle sur votre vie.
Comment réagit le cerveau suite à un événement traumatique?
D’entrée de jeu, je tient à dire que la biologie n’est pas une force chez moi, mais il s’avère tout-de-même intéressant de comprendre pourquoi nous développons des conséquences lorsqu’on subit un trauma.
La partie du cerveau qui responsable de certains automatismes comme notre respiration ou nos battements de coeur par exemple, s’active également lorsque nous faisons face à un danger perçu afin de nous protéger. C’est ce qui active les fameux 4 F en anglais (Fight/Combattre, Flight/fuir, Freeze/Figer et Fawn/apaiser), qui sont des réactions immédiates face à un danger. Ensuite, lorsque le danger est écarté, cette même partie du cerveau va enregistrer des aspects de l’événement dans le but de prévenir qu’un événement semblable ne se reproduise. En soi, c’est très impressionnant de voir comment le cerveau assure notre survie en tentant de prévenir le danger à nouveau, mais le mot clé à retenir ici c’est « automatisme »! C’est pas un travail qui est conscient, et alors, les aspects que notre cerveau enregistre peuvent perdre leur sense dans notre société moderne. Par exemple, si la voiture qui m’a causé un accident mettant ma vie en danger était grise, et bien il se peut que je développe une peur intense face à tout véhicule gris que je croise sur la route. Qu’est-ce qui peur arriver par la suite? Je commence à éviter de conduire, ou de sortir de chez nous tout court, et cela dégénère dans divers comportements mésadaptés tel l’isolement et la consommation, la perte d’emploi, etc.
Que puis-je faire si j’ai vécu un événement traumatique?
Selon la situation, il se peut que vous ayez accès à des services gratuits communautaires ou gouvernementaux. Si vous avez vécu un acte criminel, les Centre d’aide aux victime d’actes criminelles (CAVAC) ont pour mandats de vous venir en aide, que ce soit sur le plan psychosocial ou pour mieux comprendre le processus de la justice criminelle par exemple. Vous pouvez également compléter une demande de qualification avec l’Indemnisation des victimes d’actes criminelles (IVAC) pour pouvoir avoir consulter des services au privé et vous faire indemniser une partie des frais.
Si c’est un événement survenu dans le cadre de votre travail, vous pouvez faire une demande à la CNESST (Commission des normes de l’équite, de santé et sécurité au travail) . Si l’événement est en lien avec la route (délit de fuite par exemple), vous pouvez compléter une demande avec la SAAQ (Société des assurances automobiles du Québec) pour qu’on indemnise un montant des services si vous consultez au privé.
Comme les CAVACs, il y a des CALACS partout au Québec ( Centre d’aide et de lutte contre les actes à caractères sexuelles), qui offrent également de l’aide aux victimes d’actes criminelles, mais strictement pour les actes à caractères sexuelles.
Pour une liste de divers ressources, consulter notre page sur les ressources gratuites du Québec.
